La Vie sexuelle des Super-Héros de Marco Mancassola

Avec ce titre surprenant, le roman de Mancassola avait attiré mon attention lors de sa sortie mais n’avait pas réussi à me convaincre par sa 4ème de couverture. Quelques semaines plus tard, une amie nous le proposait dans le cadre de notre cercle de lecture et nous l’a tellement bien vendu qu’on a fini par le choisir !


Ça raconte quoi ?
A New York, aujourd’hui, les Super-Héros ont vieilli et se sont reconvertis dans le milieu du spectacle ou dans l’humanitaire.Ils coulaient des jours tranquilles jusqu’à la mort suspecte de Robin : il semblerait qu’un groupuscule terroriste veuille éradiquer les Super-Héros. Maintenant, ils commencent à avoir peur.
Le roman est découpé en plusieurs parties, chacune s’attachant à la vie d’un héros particulier : Mister Fantastic, Batman et Mystique.

Mon avis ?
Âme sensible ou particulièrement prude s’abstenir, surtout pour le chapitre sur Batman. A déconseiller aussi à toutes celles et ceux qui fantasmeraient sur lui car le roman casse le mythe !
La première partie consacrée à Mister Fantastic traine particulièrement en longueur. C’est redondant et pathétique ! Ensuite, le rythme s’accélère mais j’ai quand même manqué plusieurs fois de refermer le livre.

J’ai aimé les deux frères De Villa, les deux protagonistes les plus « normaux » car l’auteur est parvenu à les rendre attachants. Les autres personnages, par contre, tombent trop dans le cliché et m’insupportaient souvent.
Pour ce qui est de l’intrigue, disons qu’elle tient la route jusqu’au 3/4 du roman. Ensuite, l’identité du tueur devient évidente.

Je regrette le manque d’informations concernant les raisons de ces actes. L’évolution qui a fait qu’un jour, le tueur ait décidé d’éradiquer les héros de sa jeunesse. On s’en doute un peu, mais cet aspect de sa psychologie aurait pu être davantage fouillé, cela aurait donné plus de profondeur au roman.

Au final, j’ai bien aimé l’idée d’humaniser les Super-Héros ainsi que l’intrigue autour d’un tueur de Super-Héros en série. C’est original. Par contre, je n’ai pas aimé le côté trop parodique des personnages et le manque d’approfondissement de leur caractère.

Le titre, quant à lui, mis à part pour ce qui est de la partie sur Batman, n’est que très peu pertinent par rapport à l’ensemble du roman. Il est plus racoleur qu’autre chose.

Ma note : 

La solitude des nombres premiers de Paolo Giordano

Ces deux derniers jours, je viens de dévorer le premier roman de Paolo Giordino, intitulé La solitude des nombres premiers (2009). Ça faisait longtemps qu’il me faisait de l’œil dans ma bibliothèque et j’ai fini par craquer ! Comme vous pouvez vous en douter, j’ai adoré ce livre !

L’écriture est fluide, ce qui permet d’avancer dans le roman facilement. Je ne commenterai pas le style de l’auteur, étant donné que je n’ai lu que la traduction française (un jour, je pourrais lire en italien !) et que je considère que l’écriture du traducteur ne transmet qu’une idée partielle de ce que pourrait être le style original de l’auteur.

En ce qui concerne l’histoire en tant que telle, on suit le destin de deux personnes depuis leur enfance (et l’élément déclencheur de leur mal-être) jusqu’à l’âge adulte. La majeure partie de l’intrigue se déroulant davantage autour de leur adolescence. On découvre Alice, une jeune fille anorexique, qui veut garder le contrôle sur son corps, se sent rejetée par les autres élèves du lycée et qui entretient une relation assez conflictuelle avec son père. L’autre protagoniste s’appelle Mattia, c’est un jeune homme surdoué, passionné par les maths, qui est lui aussi très mal dans sa peau et ne veut – ou plutôt ne sait – pas intégrer le reste du monde.

On suit alors leur histoire d’amour et d’amitié, une relation entre deux personnes qui ne savent pas exactement ce qu’elles représentent l’une pour l’autre, qui ne cessent de se croiser et de se perdre de vue alors qu’il est clair pour tous ceux qui les côtoient qu’elles sont faites pour être ensemble.

Je n’en dirai pas beaucoup plus pour ne pas vous gâcher le plaisir de la lecture !

[Attention, ce que je déclare ici pourrait vous donner trop d’indications sur la fin du roman – A ne pas lire donc, si vous ne l’avez pas encore lu]

Je voudrais juste remercier l’auteur (oui, je suis bien consciente qu’il ne me lira jamais) de ne pas s’être laissé tenté par une fin facile, du genre happy end à l’américaine où finalement tout le monde se retrouve, se tombe dans les bras et vit heureux jusqu’à la fin de ses jours. J’avoue, mon cœur de fille y a cru au départ, avec un certain contentement, mais je suis finalement heureuse qu’il n’en soit pas ainsi. Cela procure plus de pertinence et de profondeur à l’intrigue.

Ma note : 

[C’est bon, vous pouvez continuer]

Ce livre a été adapté au cinéma par Saverio Costanzo (pour preuve, la nouvelle édition de poche reprend l’affiche du film – grrr, que je n’aime pas ça). Je n’ai pas encore eu l’occasion de le visionner mais j’ai hâte de voir comment le cinéaste s’est débrouillé pour transposer cette étrange relation sur écran !