Juste après de Rosamund Lupton

Je vous présente mon premier partenariat avec Livraddict, pour Juste après de Rosamund Lupton. Enthousiaste à la lecture de la quatrième de couverture, j’ai quelque peu déchanté à la lecture des premières pages. Heureusement, je me suis finalement laissée prendre au jeu !

Juste apres Rosamund Lupton

Lors d’une compétition sportive, un incendie éclate dans une école privée anglaise. Heureusement, la plupart des enfants sont à l’extérieur du bâtiment, ce qui limite le nombre de victimes. Cependant, Jenny, 17 ans, est restée bloquée à l’intérieur. Sa mère, Grace, présente sur place, se rue dans l’établissement pour tenter de la retrouver. Toutes deux sont grièvement blessées. Très vite, il apparaît que l’incendie est d’origine criminel. Qui a fait cela ? Serait-il possible que Jenny ait été la cible de l’incendiaire ? Et si oui, pourquoi ?

Ce qui m’a déplu d’emblée dans ce roman, c’est le fait que Grace et Jenny, alors qu’elles sont hospitalisées, s’échappent de leur corps pour suivre les allées et venues de leurs proches mais aussi, pour enquêter sur l’incendie. Je n’ai rien contre le fantastique ou le paranormal mais je trouve que ce procédé n’a plus grand chose d’original et dessert le roman. Du coup, j’ai été très étonnée de voir que l’auteure était anglaise. Je trouve qu’elle a une écriture très « américaine ».

L’autre chose qui peut désarçonner le lecteur, c’est le mode de narration. Le récit est raconté à la première personne mais Grace s’adresse directement à son mari et donc, le tutoie. Dès lors, le lecteur peut se sentir interpellé. Cela donne également l’impression d’entrer dans l’intimité de ce couple. Comme Grace et Jenny, le lecteur devient un témoin invisible du quotidien de cette famille.

Heureusement, l’intrigue est bien ficelée. Alors que l’enquête semble bouclée assez rapidement, il ne cesse d’y avoir des rebondissements jusqu’à la fin du roman. L’identité de l’incendiaire n’est révélée que très tardivement et est très surprenante ! Personnellement, je ne l’avais absolument pas soupçonnée. Pourtant, à plusieurs reprises, je pensais tenir le coupable !

Les personnages ne sont pas manichéens et sont très réalistes. De même, les relations entre chaque protagoniste sont relativement complexes : on retrouve les tensions propres à chaque famille, les conflits entre collègues, la jalousie, l’amour fraternel, une certaine incompréhension parents-enfants, etc.

Bien qu’on tombe parfois dans le pathos, j’ai trouvé que ce roman n’était pas abusivement tire-larmes [ce que je pensais, au départ] et j’en ai été relativement soulagée. Malgré le fait que j’étais très sceptique face à ce roman, je me suis vraiment laissée prendre par l’intrigue, tournant les pages le plus rapidement possible pour connaître le dénouement ! On peut donc considérer que c’est un bon point !

Je peux donc vous conseiller ce roman si vous êtes friands d’intrigues policières et de drames familiaux mais il faudra parvenir à passer outre le procédé narratif !

Merci donc aux Editions JC Lattès pour la découverte et à Livraddict pour la sélection !

Un nouveau roman à ajouter dans le challenge Cartable et tableau noir de George puisque le drame se déroule dans une école !

challenge-cartable-et-tableau-noir-saison-21

 

Ma note :

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Enfant 44 de Tom Rob Smith

La semaine dernière, j’ai lu un roman qui m’a quelque peu angoissée et ouvert les yeux sur les atrocités commises dans l’ex-URSS : Enfant 44 de Tom Rob Smith. Je l’ai lu grâce à la présentation d’une amie, dans le cadre de notre club de lecture [quelle merveilleuse idée on a eu là, n’empêche ! :p]

enfant44 tom rob smith

Dans les années 50, peu avant la mort de Staline, un jeune enfant est retrouvé mort sur les voies de chemin de fer, en plein Moscou. Ses parents, dont le père fait partie du MGB, sont persuadés qu’il s’agit d’un meurtre et non pas d’un accident comme le conclut l’enquête. Or, c’est bien connu, dans le monde merveilleux du communisme, tout le monde est heureux et les crimes n’existent pas. Dès lors, Léo, le responsable hiérarchique du papa malheureux est chargé de lui faire prendre conscience que, s’il s’entête à crier au meurtre, il sera condamné pour troubles de l’ordre public. Peu après, Leo est mis en cause dans une affaire d’espionnage politique interne. Grâce à sa position élevée au MGB, il n’est pas exécuté mais on l’exile à plusieurs centaines de km de Moscou. Il est placé comme homme à tout faire dans une milice locale. Là, il découvre d’autres enfants morts dans les mêmes circonstances que le fils de son collègue. Et si, finalement, il y avait réellement un meurtrier ? Leo va mener l’enquête mais cela risque de lui coûter la vie ainsi qu’à sa famille.

Tout d’abord, il faut savoir que l’ambiance de ce roman est extrêmement pesante. On ressent toute la tension subie par la population russe : le contrôle de ce que l’on dit ou fait à chaque moment, l’impossibilité de faire confiance à qui que ce soit car tout le monde peut dénoncer tout le monde, la promiscuité avec des étrangers dans des logements à la limite de la salubrité, etc. Très vite, le lecteur est immergé dans ce monde malsain et commence à penser comme les personnages.

Ce roman m’a ouvert les yeux sur les conditions difficiles de la population russe à l’époque stalinienne. Bien sûr, je connaissais l’existence des goulags, des éliminations massives et de la traque des intellectuels mais je n’avais pas conscience que la population vivait aussi mal.

L’enquête autour des meurtres est extrêmement bien ficelée. Le suspens dure tout au long du roman car même lorsque le lecteur a deviné qui en est l’auteur, d’autres questions restent en suspens : pourquoi ? Combien d’enfants va-t-il encore tuer ? Va-t-on pouvoir l’arrêter, etc ? La situation de Leo reste également en suspens jusqu’à la fin. Quelles vont être les conséquences de ses choix, pour lui mais également pour les autres personnes impliquées volontairement ou non ?

L’évolution psychologique des personnages est, elle-aussi, assez intéressante : le rapport de Leo face à l’Etat, passant d’une dévotion sans limites à une certaine remise en question ; sa relation avec Raïssa et sa prise de conscience du rôle de sa fonction dans ses relations avec les autres, etc. Même Vassili, l’ennemi qu’on doit détester et dont la psychologie semble déterminée d’avance évolue au cours du roman. Cela rend ce roman encore plus réaliste qu’il ne l’était déjà.

Je ne peux donc que vous conseiller la lecture d’Enfant 44 ! Néanmoins, sachez que c’est un roman assez dur, avec des scènes parfois difficiles à supporter [la découverte des corps, les tortures infligées par les membres du MGB] donc âmes sensibles, réfléchissez-y à deux fois ! 😉

J’hésite à le classer en coup de cœur. Non pas pour la [bonne ou mauvaise] qualité de ce roman mais plutôt à cause du malaise ressenti durant ma lecture : comme ma chronique le laisse deviner, ce ne fut pas toujours une partie de plaisir ! Néanmoins, cela n’enlève rien à la qualité de l’ouvrage. Simplement, contrairement à mes vrais coups de cœur, je doute que j’en vienne à vouloir le relire un jour. M., si tu passes par ici, merci pour la découverte !

Roman que je peux ajouter au challenge Cartable et tableau noir de George puisque Raïssa est institutrice et qu’il est plusieurs fois question de la difficulté pour elle de ne pas laisser transparaître ses idées qui pourraient être « anti-communistes » devant ses élèves.

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Ma note :

love4

Before I Go to Sleep de S. J. Watson

J’ai décidé de me remettre un peu à lire en anglais, histoire de pratiquer un minimum la langue. Maintenant que je ne suis plus en contact avec des usagers venant de tous les horizons, je l’utilise nettement moins qu’avant.

Before I Go to Sleep patientait gentiment dans ma PAL numérique, alors comme les copines du club de lecture l’ont justement présenté le week-end passé, je me suis dit qu’il était temps de l’en sortir !

Rien de tel qu’un bon thriller pour lire en anglais ! On est pris dans l’action et on s’attarde un peu moins sur le petit mot de la phrase qu’on ne comprend pas. Par contre, avec un roman qui insiste plus sur les descriptions physiques ou psychologiques, c’est nettement moins évident, je trouve.

Vous avez sûrement déjà entendu pas mal parler de ce roman qui a été un succès de librairie il y a un ou deux étés. La trame est assez originale : Christine, 47 ans, se réveille tous les matins en pensant qu’elle est tout juste entrée dans la vingtaine (parfois, elle se pense même encore enfant). Puis, elle découvre qu’elle est mariée et presqu’en âge d’être grand-mère (c’est elle qui le dit, moi je trouve ça quand même un peu jeune pour se considérer comme une mamie, mais c’est vrai que ça arrive !). Chaque jour, elle essaie de reconstruire son passé sur base des éléments distillés par son mari. Mais, une fois qu’elle s’endort, tous ses souvenirs de la journée disparaissent. Depuis peu, elle est suivie par un nouveau médecin qui lui conseille de consigner ses découvertes dans un journal pour essayer de faire travailler sa mémoire à court terme. Au fur et à mesure de ses lectures, elle découvre que ce qui est écrit dans son journal et ce que lui dit son mari n’est pas toujours identique. Quelle est la vérité ? Qui est-elle vraiment ? C’est ce qu’elle va essayer de découvrir.

J’ai rapidement été prise dans cette histoire. Certes, il y a de nombreuses répétitions dans le roman dues au fait que chaque jour, Christine passe par le même processus de « découverte de sa maladie » mais je trouvais que l’auteur a encore relativement su passer au-dessus de cette difficulté. Maintenant, cela vient peut-être du fait que je l’ai lu en anglais : les phrases me sont moins familières, je les retiens donc moins que lorsque c’est écrit en français. Je me doutais que la fin aurait un rapport certain avec le personnage impliqué mais je ne m’attendais pas à cette fin-là, exactement. Par contre, je suis un peu déçue de ne pas connaître le dénouement : je déteste les fins ouvertes, j’aime savoir comment cela se termine sinon, j’ai l’impression qu’il me manque quelque chose. Quand l’auteur nous raconte une histoire, j’aime qu’il aille jusqu’au bout ! (maintenant, je conçois que d’autres préfèrent pouvoir continuer à imaginer la suite mais moi, ce n’est pas mon truc).

Je dirais que Before I Go to Sleep est une bonne lecture détente, qui se lit rapidement et qui permet de passer un bon moment malgré ses petits défauts.

Ma note : 

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