Charly 9 de Jean Teulé

Qui était Charles IX, roi de France célèbre pour avoir déclenché le massacre de la Saint-Barthélémy ? C’est la question à laquelle Jean Teulé a tenté de répondre dans Charly 9.

Couverture Charly 9

Attention ! Ne vous attendez pas à un livre historique, vous allez être déçu ! Ici, on est dans le roman, voire dans la farce !

Jean Teulé commence par relater la fameuse nuit de la Saint-Barthélémy au cours de laquelle des milliers de protestants se sont faits assassiner à cause de leur religion. Comment le roi a-t-il pu prendre une telle décision, lui qui était si friand des artistes protestants ?! C’est ce que nous explique le romancier qui tente de réhabiliter quelque peu l’image de ce roi tant décrié. On y découvre une jeune homme (22 ans, c’est pas bien vieux, à notre époque ils vivent encore tous chez leurs parents à cet âge et c’est à peine s’ils savent ce qu’ils veulent faire de leur vie) mal-aimé par sa mère – Catherine de Médicis – qui lui préfère son frère Henri (surnommés « Mes Chers Yeux »), détesté par ses frères et sa soeur (jalousie, quand tu nous tiens) et méprisé par ses conseillers. Alors, pour faire plaisir à tout ce beau monde et surtout, parce qu’il craint un attentat des protestants à l’encontre de la famille royale (complot dénoncé par sa mère), le pauvre roi Charles finit par accepter de lancer l’opération ! Décision qu’il ne cessera de regretter et qui le fera sombrer dans la folie.

Le concept du roman m’a semblé sympathique : j’en avais vu la présentation chez Ruquier à sa sortie et depuis, j’attendais sa publication en poche ! Malheureusement, j’ai été fort déçue ! Les anecdotes relatées sont plus abracadabrantes les unes que les autres : la famille royale pouvait-elle réellement être aussi ridicule et stupide que telle qu’elle est décrite ? Les personnages sont vulgaires et beaucoup trop caricaturaux  : l’une ou l’autre injure, ça égaye le propos mais quand il n’y a plus que ça, ça en devient indigeste !

L’écriture de Teulé, cependant, m’a plu : il manie la rime et les jeux de mots, utilise un style proche de celui de la farce, ça colle avec le ton qu’il a voulu donner à son récit. Malheureusement, je trouve qu’il a voulu en faire trop et à la longue, ça lasse ! J’ai d’ailleurs failli lâcher le roman à plusieurs reprises. Ce qui m’a convaincue de continuer ? Sa taille (il se lit rapidement) et les clins d’oeil à Ronsard qui m’ont bien fait rire ! Autre point positif, ce roman m’a donné envie d’en connaître davantage sur l’Histoire des Rois de France.

J’avais connu Jean Teulé grâce au Magasin des suicides qui m’avait déjà laissé une impression mitigée. J’en conclus donc que je ne suis pas une adepte de son humour noir. Je pense encore tenter prochainement la lecture de son Montespan car j’en ai lu pas mal de critiques positives. On verra ensuite si mon avis sur Jean Teulé change ou non.

Ma note : 

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