Le Livre sans nom (et sans auteur affiché)

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un roman qui m’intriguait depuis sa parution il y a 2-3 ans, Le Livre sans nom. Il m’a fallu bien longtemps pour me décider à le lire (vous comprendrez bientôt pourquoi), raison pour laquelle je l’ai finalement inscrit à la lettre « x » de mon challenge ABC, après avoir vérifié sa présence dans le catalogue de ma bibliothèque.

Couverture Le Livre sans nom

Avant de vous donner mon avis, voici un petit topo de l’intrigue : Santa Mondega, ville grouillant de gangsters et n’apparaissant sur aucune carte, s’apprête à fêter l’Eclipse de Lune. Quelques jours avant, deux moines de l’île d’Hubal sont envoyés en mission dans cette ville pour y retrouver l’Oeil de la Lune, pierre appartenant à leur confrérie et qui vient d’être dérobée. Or, cette pierre possède un pouvoir magique. A Santa Mondega, les moines ne sont pas les seuls à vouloir mettre la main sur la pierre : celle-ci passe de main en main de manière plutôt sanglante. Parallèlement à cette quête, une série de meurtres abominables frappe les lecteurs qui ont le malheur de s’intéresser à un mystérieux ouvrage ne possédant ni titre, ni nom d’auteur. Pour lever le voile sur ces affaires, le capitaine Jensen (spécialisé dans les affaires surnaturelles) est dépêché sur place.

A la base, je ne suis pas particulièrement friande des polars, encore moins des westerns et de la bit-lit. Or, vous verrez rapidement que le Livre sans nom contient un peu de tous ces ingrédients. De plus, la quatrième de couverture annonce que ce livre est un équivalent littéraire aux films de Quentin Tarantino et là encore, ce n’est pas ma tasse de thé. J’ai adoré Inglorious Basterds et beaucoup aimé Django Unchained. Par contre, Kill Bill beaucoup moins. Bref, tout ça pour dire que ce livre n’avait finalement pas beaucoup d’arguments pour me plaire !

Les premiers chapitres comptent déjà de nombreux personnages tous plus caricaturaux les uns que les autres et il est parfois difficile de faire le lien entre chacun. L’écriture est directe et ne s’embarrasse pas de fioritures (ce n’est pas de la grande littérature), le tout parsemé d’une vulgarité plus qu’affirmée ! Âme sensible, s’abstenir ! Jusque-là, j’ai beaucoup de mal à adhérer mais je décide de m’accrocher !

Passé le premier quart du livre, je commence à cerner le rôle de chacun des personnages et je m’imprègne ainsi beaucoup plus facilement de l’ambiance du roman. Les chapitres sont courts, chacun amenant un nouveau rebondissement. C’est bon ! Je me laisse prendre au jeu !

L’auteur multiplie les clins d’œil musicaux et cinématographiques grand public (Elvis, Terminator, Karaté Kid, Rencontre du troisième type, Star Wars, etc.) ce qui est sympa mais n’apporte pas toujours grand chose au récit.

De plus, il est bien difficile de se prendre d’affection pour l’un ou l’autre des personnages : soit il est un cliché à lui tout seul, soit il est totalement immoral, soit il est mort. Ce n’est donc pas comme cela que l’auteur entend accrocher son lecteur.

Je n’ai pas non plus aimé le recours au vampirisme : on en a déjà tellement vus partout ces dernières années qu’on frôle l’overdose ! Pourquoi ne pas inventer complètement une créature nouvelle tant qu’à flirter avec le fantastique ?! Mais peut-être était-ce voulu ? Il faut dire que le roman enchaîne les clichés comme cela s’est rarement vu : la victime amnésique qui se révèle être un personnage clé au pouvoir insoupçonné, le duo de flics habituellement solitaires qui sont forcés de travailler ensemble, le mafioso qui fait la loi en ville, les combats d’arts-martiaux, la quête du Graal, etc.

Malgré tout, ce melting-pot détonant fonctionne plutôt bien et arrivée au terme de ce premier opus, je n’ai pas pu m’empêcher de regretter de ne pas avoir emprunté directement la suite !

Ma note : 

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Challenges

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Deux cancers pour un chef d’oeuvre !

La semaine dernière, j’ai lu deux petits livres portant sur un sujet assez grave : le cancer. Dans l’un des cas, il s’agit d’un enfant (Oscar et la dame rose de E.E. Schmitt) qui en est touché et dans l’autre, de la maman (Ne t’inquiète pas pour moi d’Alice Kuipers). Cette concordance de thème était tout à fait fortuite : je n’avais pas lu les quatrièmes de couverture avant de commencer et ces deux livres trônaient dans ma PAL pour les challenges.

Alors, commençons par celui que j’ai le moins aimé : Ne t’inquiète pas pour moi.

Ne t'inquiète pas pour moi d'Alice Kuipers

Dans ce roman, on suit Claire, une adolescente et sa mère toujours absente. Les deux femmes communiquent par Post-it interposés car elles ont des agendas assez discordants. On apprend rapidement que la maman est malade et on suit l’évolution de sa maladie à travers les petits mots inquiets de sa fille.

Le concept du récit sur Post-it est assez sympa mais malheureusement, cela provoque un certain manque de profondeur dans le récit. On aborde ici un sujet grave qu’il est difficile de transposer sur ce genre de support. Du coup, je trouve les échanges parfois un peu artificiels. On a l’impression que la mère et la fille ne font que se croiser alors que visiblement, elles passent du temps ensemble mais cela ne transparaît pas réellement dans leurs échanges (oui, bon, elles disent souvent qu’elles ont vu un film ensemble, mais ça ne fait pas tout). On a l’impression que leur relation stagne, qu’elles abordent toujours les mêmes sujets sans vraiment avancer. Cela manque aussi de repères temporels : parfois plusieurs jours, voire semaines, passent entre leurs échanges écrits mais on ne comprend pas toujours tout de suite. Du coup, on ne comprend pas immédiatement qu’il n’y a pas de lien entre deux Post-it qui se suivent.

Le roman se lit extrêmement vite (en une trentaine de minutes maximum) ce qui empêche le lecteur de s’imprégner réellement de l’ambiance du récit.

Par contre, j’ai bien aimé les deux lettres que la jeune fille adresse à sa mère à la fin du roman. Enfin, l’auteure prend le temps d’exposer réellement les sentiments de Claire. L’émotion est présente, le lecteur peut enfin ressentir une certaine empathie envers l’adolescente.

Au final, cela donne une lecture plus ou moins agréable mais sans plus. Je pense avoir été d’autant plus déçue que j’en avais lu du bien (en diagonale pour ne pas risquer de me spoiler l’histoire) sur le blog de Bianca. D’ailleurs, en relisant sa chronique, je vois qu’il y a deux versions : une adulte et une jeunesse. Bianca parle de la version jeunesse, moi il me semble avoir lu la version adulte. Ceci explique peut-être cela.

Ma note : 

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Continuons avec Oscar et la Dame rose

Couverture Oscar et la dame rose

Cet avis assez négatif s’explique aussi sans doute par le fait que, juste avant, j’avais lu Oscar et la Dame rose qui, bien qu’il soit lui aussi écrit sous forme épistolaire, aborde de manière beaucoup plus riche les difficultés que rencontre l’enfant face à sa maladie. Oscar sait qu’il va mourir alors la Dame rose lui propose d’écrire à Dieu pour se soulager des pensées qui le rongent, ce que le petit garçon fait avec beaucoup d’humour  et un brin de poésie !

Là aussi, il s’agit d’un roman très court (une centaine de pages) dont la trame s’étale sur une dizaine de jours. Chaque jour correspond à une décennie pour Oscar. On découvre donc la vie en accéléré de ce petit garçon, devenu adulte en deux jours et qui, bientôt, atteint la fin de sa vie. Les réflexions du petit garçon sur les relations humaines, sur sa tristesse face au rejet de ses parents sont vraiment très touchantes. Malgré le caractère très dur de cette histoire, on ne tombe pas dans le « drame-guimauve » qui essaie de te tirer les larmes des yeux. Dans ce roman, E.E. Schmitt mêle cynisme et romantisme pour offrir à Oscar toutes les joies et les épreuves importantes d’une vie bien remplie.

J’ai appris que ce roman fait partie d’une trilogie autour de la spiritualité intitulé Cycle de l’Invisible. Je suis curieuse de lire ses deux compagnons car, pour moi, Oscar et la dame rose est un petit livre-bijou qu’il faut garder et relire régulièrement pour retrouver les précieuses réflexions d’Oscar.

Ma note : 

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