Ciao 2013 !

Il semblerait qu’une année bloguesque ne soit réussie qu’à condition qu’elle se termine par un bilan ! Alors, que pouvons-nous retenir de 2013 ?

bilan2013

En ce qui concerne mes lectures, on constate une nette augmentation du nombre de livres lus ! Certes, je n’ai pas atteint les 100 livres comme il le fallait pour venir à bout du challenge de Mylène, mais je suis assez contente de mon score tout de même : 93 livres lus dont 52 romans, 40 bandes-dessinées et 1 essai [que je ne peux que vous recommander !] soit près de 21 000 pages. Vous pouvez voir le détail ici. J’ai eu quelques jolis coups de coeur dont Le Jardin des secrets de Kate Morton, Au revoir là-haut de Pierre Lemaître, Les Cerfs-volants de Kaboul de Khaled Hosseini ou encore De l’eau pour les éléphants de Sara Gruen. Il y a eu aussi pas mal de lectures en demi-teintes mais cela me semble normal, on ne peut pas tomber que sur du très bon !

En dehors du blog, 2013 a également été l’année du changement au niveau professionnel : fin de mon premier [vrai] job et recherche du nouveau. J’ai vraiment été chanceuse sur ce coup-là : alors qu’il m’avait fallu près de 6 mois pour trouver mon premier poste en sortant de l’unif, ici en 3 petites semaines, je savais que j’avais un nouveau contrat qui se profilait ! Ce fut un réel soulagement : je ne souhaitais pas recommencer les journées d’angoisse à me morfondre dans mon appart en regrettant mon choix d’études ! Même si, cette fois, j’avais davantage pensé la période de chômage et m’étais déjà renseignée sur les possibilités de formations. Cela n’a finalement servi à rien, et c’est tant mieux !

Culturellement parlant, nous avons profité de l’été pour faire une petite escapade à Vienne. Nous en sommes revenus éreintés mais avec de très belles images plein les yeux ! Nous avons clôturé nos vacances par LE festival musical bruxellois : le Brussel Summer Festival, qui nous a quelque peu déçus par rapport à l’année dernière mais qui nous a permis de profiter de nos amis en musique et de découvrir quelques groupes sympas ! A côté de cela, je regrette de ne pas avoir fait davantage de sorties mais il faut dire qu’avec un boulot à plein temps et les cours du soir, ce n’est pas toujours évident de se trouver du temps libre ! On fera mieux l’année prochaine !

La fin de l’année a aussi été synonyme de reprise en main sportivement parlant ! L’influence de certaines blogueuses sportives [Anne et Amel pour ne citer qu’elles] a été bénéfique puisque je me suis ENFIN réinscrite dans une salle de sport. J’en faisais régulièrement avant l’unif et durant mes premières années bruxelloises, quand je redescendais encore souvent chez mes parents. Mais depuis que j’étais plus fermement installée à la capitale [comme ils disent par chez moi], je n’étais plus inscrite nulle part. Pour l’instant, les bienfaits de cette reprise ne se font pas encore ressentir mais j’espère que cela ne tardera pas ! Ces nouvelles activités amènent de nouveaux intérêts comme la mode plus sportive [ben oui, l’équipement, c’est important… hum] et la recherche de nouveaux défis [tenir x temps sur le tapis, arriver au bout de tel ou tel programme, etc.]. De plus, pour l’instant, je me contente de courir sur tapis, mais dès que l’hiver bruxellois aura disparu [oui, je sais, c’est pas encore pour tout de suite], je compte me mettre à la course à pieds en extérieur ! Me connaissant, il va me falloir une forte dose de motivation pour y arriver mais on y croit ! Si ce nouvel intérêt sportif se concrétise, j’ouvrirai peut-être une rubrique supplémentaire sur le blog pour aborder le sujet [genre, comment survivre à vos premiers 100 m, etc.] et vous faire partager mes déboires. Nous verrons. Je n’en suis pas encore là !

Je termine donc ce bilan en vous souhaitant tout le meilleur pour l’année à venir ! 

A bientôt 🙂

 

Cet instant-là de Douglas Kennedy

Aujourd’hui, je vous emmène à la découverte de mon premier Douglas Kennedy, Cet Instant-là, un roman au contexte historico-politique passionnant mais dont certains chapitres font furieusement penser à un Harlequin mal ficelé !

Douglas-Kennedy_CetInstantlà

Thomas Nesbitt, écrivain globe-trotter américain d’une cinquantaine d’années vit désormais seul dans une maison isolée du Maine. Il est en pleine procédure de divorce après quinze ans d’un mariage sans amour qui, heureusement, lui a offert une fille qu’il adore. A la même période, il reçoit un colis d’Allemagne dont l’expéditeur n’est autre que le fils de Petra, sans grand amour perdu. Avant d’ouvrir cette lettre, il décide d’aller rechercher le manuscrit d’un roman écrit quelques années plus tôt mais qu’il n’a jamais voulu publier. Celui-ci raconte ses quelques mois passés à Berlin, en 1984, alors que la guerre froide battait son plein et que la ville était coupée en deux. C’est à cette époque qu’il a rencontré et aimé Petra, avant de la voir disparaître brutalement.

Ce roman de Douglas Kennedy m’a plu sur de nombreux points ! Pour commencer, j’ai adoré la description de cette ville défigurée par le Mur. Le narrateur parvient à nous rendre compte de l’ambiance qui imprègne les différents quartiers des deux Berlin. Dans son écriture, Kennedy a réussi à intégrer les qualités romanesques qu’il prête au travail de rédaction de Thomas Nesbitt telles que la netteté des descriptions ou la capacité à donner corps aux personnages secondaires. De cette manière, l’exploration de Berlin avec Thomas est un vrai plaisir ! Le lecteur n’a aucun mal à s’imaginer le périple. Cela m’a clairement donné envie d’aller visiter la capitale allemande, même si, comme Nesbitt l’explique à la fin de son aventure, la ville a su se réinventer après la chute du Mur.

Douglas Kennedy maîtrise également l’art du portrait que ce soient Thomas et Petra ou leurs proches moins présents, chacun bénéficie de son traitement physique et psychologique détaillé. Toutefois, il faut admettre que certains personnages sont parfois trop extrêmes pour être tout à fait réalistes et tiennent davantage du cliché : je pense, notamment à Alastair [peintre irlandais complètement barré, homosexuel et junkie qui multiplie les conquêtes d’un soir et fréquente des bars louches] ou à Haechen [espion vieillissant de la RDA, violeur, manipulateur, sale et très laid ]. Mais chaque personnage joue un rôle plus ou moins important dans l’histoire sans que l’on ait l’impression qu’il ait été ajouté là pour meubler.

Tous ces éléments mis ensemble m’ont permis de m’accrocher à ce long roman malgré certaines faiblesses pour le moins horripilantes.

Tout d’abord, avouons qu’il est assez long à démarrer ! Avant que le héros ne se plonge dans ses souvenirs berlinois, l’auteur nous abreuve de détails sur son enfance malheureuse au sein d’une famille désunie dont les principales conséquences sont une incapacité chronique à se laisser aimer et une tendance maladive à prendre la fuite. On passe ensuite à son mariage raté avec une avocate trop peu chaleureuse et on revient à l’échec de sa première vraie relation sentimentale qui l’a poussé à partir à l’aventure à l’autre bout de la planète. Tout ça nous occupe pendant le premier quart du roman.

Mais l’élément qui fait que j’ai bien failli éteindre définitivement ma tablette [du moins, tant que je n’y avais rien chargé d’autre], c’est le caractère « gnangnantisant » au possible que l’auteur donne à  » LA grande histoire d’amour de Thomas ». Tous les clichés du roman à l’eau de rose pour midinettes qui n’ont pas encore connu la chose sont réunis : le coup de foudre au premier regard, le « je-ne-mérite-pas-son-amour-mais-je-voudrais-tellement-qu’il/elle-m’aime-quand-même« , la grande déclaration d’amour mutuelle au premier rendez-vous, la fuite de la fille qui n’assume pas ce qu’elle vient de dire, les retrouvailles au lit, qu’ils ne quittent plus parce qu’ils font l’amour au moins six fois par jour ne s’arrêtant que pour se contempler dans le blanc des yeux, …. Bref, je m’arrête là, vous avez compris le topo ! Pendant une cinquantaine de pages, ce genre de niaiseries s’accumulent faisant presque penser à une parodie d’Harlequin tellement c’est gros ! J’en suis venue à attendre avec impatience le moment de leur séparation pour en être sauvée ! Alors, vraiment, je n’ai pas compris. Est-ce que les relations sentimentales sont toujours traitées comme cela dans les romans de Douglas Kennedy ?! Cela m’a d’autant plus déçue que j’ai trouvé tout le reste du roman vraiment bon.

Pour vous donner une idée : voilà la conclusion de leur tout premier rendez-vous. Ils se sont croisés pour la première fois, une semaine plus tôt…

– Ça ne va pas Petra ?

– Je ne peux pas…

Frissonnante, elle a caché ses yeux derrière ses doigts. Quand j’ai voulu lui caresser la main, elle m’a repoussé et elle a répété, de façon presque inaudible :

– Je ne peux pas…

– Tu ne peux pas quoi ?

– Il vaut mieux que tu partes, Thomas, c’est mieux pour toi.

– Comment ?

– Va-t-en, protège-toi.

– M’en aller ? Pas question. Je ne vais pas te laisser me… nous faire ça. Pas alors que je sais que nous…

– Je le sais aussi ! Je l’ai su dès la première fois que je t’ai vu. Et c’est pour ça que je te demande de partir. Parce que c’est impossible…

– Qu’est-ce qui est impossible ? Pourquoi ? Tu représentes tellement pour moi déjà, tu …

Elle s’est levée d’un bond, elle a attrapé son paquet de cigarettes et elle a prononcé trois mots dans un souffle :

– Ich liebe dich.

J’en ressors donc avec une impression plus que moyenne ! Ce roman m’a passionnée à bien des moments concernant toute l’histoire de l’Allemagne désunie mais m’a aussi terriblement désespérée lorsqu’il était question de la romance entre les protagonistes [et je ne vous ai même pas parlé des dialogues… !]. Je reste gentille quand ma cotation parce que j’y ai vraiment appris des choses !

Ma note : 

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Le Prince de la brume de Carlos Ruiz Zafón

Il y a quelques années, j’ai eu un gros coup de cœur pour L’Ombre du vent, puis j’avais beaucoup apprécié Le Jeu de l’ange. Suite à ces succès de librairie, les éditeurs se sont lancés dans la traduction et l’édition des premiers ouvrages écrits par l’auteur. Là, mon esprit contradictoire a décidé de s’en mêler ! Non, non, non, m’a-t-il dit, tu n’acheteras que ses nouveaux romans mais tu ne vas pas te laisser avoir par tout ce marketing livresque ! J’ai donc résisté longtemps à l’envie de me plonger dans les écrits de jeunesse de l’ami Zafón mais force était de constater qu’ils connaissaient un joli succès et que j’avais de découvrir s’ils le méritaient vraiment.

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Le Prince de la Brume est le premier roman de l’auteur. Ecrit en 1993, il ciblait davantage un public jeunesse et se voulait fantastique. C’est le premier tome d’un tryptique. Il se déroule durant la Guerre d’Espagne : la famille de Max Carver décide de quitter leur ville pour un petit village du bord de mer. Dès leur arrivée, l’adolescent remarque que des phénomènes étranges se déroulent autour d’eux. Max rencontre Roland, petit fils du gardien du phare avec lequel il va tenter de démêler les mystères qui les entourent.

Je dois avouer que c’est un bon premier roman (pour une fois que les marketeurs ne vendent pas n’importe quoi ;-))! Le suspens se maintient durant toute la lecture : vont-ils ou non parvenir à déjouer la malédiction du Prince de la Brume ?! Bien que le roman touche une cible assez jeune, je ne le trouve pas trop niais que ce soit dans le traitement des personnages ou dans la trame de l’intrigue. A côté de l’enquête principale, l’auteur développe d’autres thèmes propres à la littérature adolescente tels que la quête d’identité, les conflits familiaux ou les premiers émois.

J’ai parfois été étonnée du vocabulaire employé par l’auteur dans ce roman, beaucoup plus recherché que dans la littérature pour adolescents que j’ai eu l’occasion de lire jusqu’à présent. Cela prouve que l’on peut viser un public jeune sans pour autant tomber dans une trop grande simplicité, ce qui est souvent le cas.

Il est vrai que certains éléments restent sans réponse mais j’espère que celles-ci se retrouveront dans la suite de la saga ! Par exemple, on en apprend très peu sur ce fameux Docteur Caïn : comment a-t-il survécu, qui est-il réellement, etc. ? Cette petite impression d’être passée à côté de quelque chose, c’est ce qui me retient de dire que ce livre est un très bon roman.

J’attends donc de voir ce que me réserve la suite de cette série qui laissait déjà présager le grand talent de Carlos Ruiz Zafón !

Ma note :

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