Room d’Emma Donoghue

Depuis quelques semaines (mois ?), j’entendais beaucoup parler de Room, d’Emma Donoghue. J’ai profité de l’action 3+1 gratuit de la Fnac pour l’acquérir durant le mois d’août et j’étais plus qu’impatiente de pouvoir le commencer !

Room d'Emma Donoghue

L’histoire est simple : Jack, 5 ans, et sa mère vivent cloîtrés dans une pièce de 3m sur 3 : un abri de jardin transformé en prison moderne, comme le diront les journalistes. La mère de Jack a été enlevée, près de 7 ans auparavant, alors qu’elle revenait de l’université. Jack n’a jamais connu le Dehors, pour lui, tout ce qu’il voit dans Madame Télé, n’existe pas en réalité. Il reçoit donc un premier choc lorsque sa maman tente de lui expliquer que leur monde ne se limite pas à la Chambre mais que le Dehors existe réellement. Ensuite, mère et fils élaborent un plan pour parvenir à s’échapper de leur geôle. Après une tentative réussie, ils doivent (ré)apprendre à vivre dans le monde extérieur, processus qui prend un certain temps. Ils doivent également (re)découvrir leur famille, parfois maladroite face à l’expérience qu’ils ont vécu.

L’originalité de ce roman tient dans le fait que la narration se construit autour de Jack : le lecteur découvre donc la Chambre et le Dehors à travers les yeux d’un enfant de cinq ans, asocial, qui n’a jamais quitté sa mère d’une semelle ni senti les rayons du soleil sur sa peau. Cette narration permet de dédramatiser la situation de la Chambre : Jack ne comprend pas que ce que fait le Grand Méchant Nick n’est pas normal, il ne sait pas ce qu’il vient faire avec maman tous les soirs, il ne ressent pas l’enfermement. Par contre, il est réellement traumatisé par sa découverte du Dehors : ces gens qui le touchent, le soleil qui lui brûle la peau, les chaussures qui lui font mal aux pieds, les bonnes manières qu’il ne sait pas comment utiliser. Ses repères sont bouleversés et tout ce qui semblerait être de l’amusement ou des activités anodines pour un autre enfant de son âge se transforme en calvaire pour lui. Il ne comprend pas non plus pourquoi sa mère semble si heureuse de quitter la Chambre et pourquoi elle veut l’oublier. Il est blessé par le fait qu’elle ne veut plus dormir avec lui, qu’elle semble vouloir passer du temps seule, sans lui.

Par l’histoire qu’il raconte, ce roman est réellement bouleversant. Les personnages sont assez attachants. L’auteure parvient à rendre réaliste leur retour dans le monde extérieur : l’apprentissage de l’espace, le risque de développer des maladies à cause d’un trop long enfermement, etc. Cela change des habituels happy end américains où dès que le prisonnier sort de l’enfermement ou le malade d’un long coma, il se met à agir comme si rien ne s’était passé.

On pourrait donc croire que ce roman a été un véritable coup de cœur. Pourtant, ce n’est pas vraiment le cas ! Je salue la performance de l’auteure, ayant fait le pari de la narration enfantine. Or, c’est ce qui m’a profondément dérangée tout au long de ma lecture. J’ai souffert de devoir penser comme un enfant de cinq ans : certains passages paraissent beaucoup trop niais, le fait de donner un nom à chaque objet comme « Petit Dressing », « Madame Télé » ou « Monsieur Tapis » m’horripilait à chaque lecture. Cette narration m’a empêchée de rentrer dans l’histoire : je devais fréquemment arrêter ma lecture car elle m’énervait. Pourtant, je voulais en connaître le dénouement, raison pour laquelle je ne l’ai pas tout simplement laissée tomber. Quand je lis d’autres critiques, cette forme de narration n’a pas l’air d’avoir dérangé énormément d’autres lecteurs. Je sais que je suis particulièrement sensible à cela : je n’ai, par exemple, jamais terminé La Vie devant soi de Romain Gary à cause de la narration, elle aussi trop enfantine.

Je suis donc déçue en refermant ce livre, non pas de la qualité du travail de l’auteure mais de ne pas avoir su passer outre la « niaiserie » de la forme pour apprécier réellement cette lecture.

Ma note :

love3plus

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3 réflexions sur “Room d’Emma Donoghue

  1. Je ne l’ai pas lu alors je ne peux pas en dire grand chose mais je me souviens que d’autres chroniques m’avaient donné envie de le lire. Je m’y frotterais donc, pour voir si la forme me plaira ou pas 😉

  2. C’est vrai que c’est parfois difficile de suivre Jack… J’ai mit énormément de temps à comprendre ce qu’était le « doudou lait ». Ça aurait pu me déranger moi aussi – d’habitude ça a également du mal à passer – mais j’ai été tellement choquée par l’histoire que c’est passé tout seul !

    • Oui, l’histoire est hyper prenante ! C’est ce qui fait également que j’ai continué le livre. Je ne pense pas que ça aurait été le cas si l’intrigue ne m’avait pas autant passionnée !

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