Bilan de septembre [Livres]

Très petit mois que celui de septembre ! Seulement deux livres lus dont un service presse : Room d’Emma Donoghue et Manuel de survie à l’usage des incapables de Thomas Gunzig.

Pourquoi si peu de lectures ? Sans doute la pression de cette rentrée : des journées très [trop ?] longues, beaucoup de monde à recevoir, trop de questions auxquelles il faut répondre et au final, plus aucune énergie pour la lecture !

Oui, je sais, c’est un refrain que vous avez beaucoup entendu ces dernières semaines [ces derniers mois ?] mais promis, en octobre, je vais me reprendre en main !

Et puis, maintenant que tout le monde a repris le chemin des cours [à part, peut-être, les derniers perdus de la vie qui ne savent toujours pas ce qu’ils vont faire cette année], je vais pouvoir souffler un peu et reprendre un boulot qui me demande moins de contacts et qui, j’espère, me pompera moins d’énergie !

Le programme du mois prochain ? Un Orsenna et un Ishiguro pour honorer un minimum mon challenge ABC. Pour le reste, on verra où mes envies me guident.

Le bon point de ces dernières semaines de traversée du désert ? La fonte de ma PAL ! Vu que j’ai peu de courage pour lire, j’en ai encore moins pour courir les bouquinistes ou pour sillonner les rayons de ma bibliothèque ! Du coup, je n’ai pas eu d’autre choix que de picorer dans ce que j’avais déjà et donc, je commence à voir le fond de la case PAL de ma bibliothèque !

Et vous, ce mois de septembre ? 

Cette soirée était finalement, fort minable

Aujourd’hui, vendredi 27 septembre, c’était la fête de la Communauté française (ou plutôt devrais-je dire de la Fédération Wallonie Bruxelles). Alors, pour fêter ça, la RTBF nous proposait une soirée de concerts exceptionnelle sur la plus belle place du monde. Laissez-moi rire !

J’avais oublié (mémoire de poisson rouge inside) que, déjà l’année dernière, j’avais pesté pour les mêmes raisons. La « soirée » (qui finalement dure une petite heure et demie) est entièrement axée sur la diffusion télévisée. Que les milliers de spectateurs rassemblés sur la Grand-Place n’entendent rien ou ne voient rien, on s’en contrefiche ! Ce qui compte, c’est ce que le téléspectateur voit : un concert avec un public de plusieurs milliers de personnes qui crient et se déchaînent et des groupes/chanteurs qui assurent sur leurs chansons.

Vous allez me dire, c’est une chaîne du service public, elle n’a pas les moyens de mettre en place un matériel aussi sophistiqué que dans les grands concerts ! A d’autres ! Si c’est une question de sous, il suffisait de faire un peu moins de pub et d’investir l’argent gagné dans l’infrastructure ! De toutes façons, avec Stromae en tête d’affiche d’un concert gratuit, d’office ils l’auraient eu leur public ! Ici, on avait droit à deux malheureux écrans géants tellement petits qu’au milieu de la place, tu ne les voyais déjà presque plus ! Déjà, s’ils avaient été placés un rien plus haut, ça aurait déjà arrangé un peu les choses mais non… C’est plus drôle de les mettre bien bas, comme ça, ils ne servent à rien ! Et que dire du son ?! En gros, d’où on était, on n’entendait rien ! Si bien sûr, pour les basses pas de souci mais pour ce qui est des commentaires des présentateurs ou des paroles des chansons, rien ! Limite, j’entendais davantage le gamin à côté de moi qui connaissait les paroles de Papaoutai par cœur (heureusement, comme ça, j’arrivais à suivre un peu).

Et niveau ambiance, on a déjà connu mieux ! Mettre un peu d’animation pendant les pubs, c’est si difficile ?! Ici, tout est tombé à plat ! Déjà que dans le fond, c’était pas très animé. Là, j’ai presque cru qu’on allait s’endormir !

Je ne jugerai pas de la qualité des prestations des artistes, je n’en ai pas suffisamment vu et entendu pour cela. Je crois que je vais me passer la vidéo de l’émission pour ENFIN voir ce que j’aurais dû vivre ! Alors franchement, l’année prochaine, je crois que je ne prendrai plus la peine de me déplacer et je resterai sagement devant ma télé ! J’inviterai mes potes à la maison et je suis sûre qu’on s’y amusera bien plus qu’à cette foutue soirée !

Merci pour ce spectacle qui était bien loin d’être formidable !

Manuel de survie à l’usage des incapables de Thomas Gunzig

Quel étrange titre pour le nouveau roman de Thomas Gunzig (d’ailleurs, suffit de regarder l’air intrigué des gens qui observent mon livre dans le métro…) ?! Et force est de constater que l’univers qu’il nous dépeint est encore plus [code]barré !

Mêlant science fiction et réalisme exacerbé, l’auteur nous plonge dans un avenir plus ou moins proche où chaque atome présent sur Terre (et même ailleurs) a été racheté par les grandes entreprises privées : toute la nourriture est génétiquement modifiée, les humains sont désormais upgradables par le biais de leur ADN (les parents n’enfantent plus, ils téléchargent des versions de progéniture) et même les animaux portent des code-barres indiquant s’ils font partie d’un élevage ou s’ils vivent à l’état « sauvage ».

Dans cet univers qui ne semble régi que par le code de commerce et la loi sur le copyright, un drame est en train de se jouer : Martine Laverdure, caissière dans LE supermarché, fréquente l’un de ses collègues, ce qui est formellement interdit. Alors, le DRH et le directeur du magasin chargent Jean-Jean, chef de la sécurité, de faire tomber les deux tourtereaux afin de les licencier et par conséquent, de préserver l’équilibre du magasin. Malheureusement, les choses ne se passent pas comme prévu et Martine succombe à l’entrevue, Ses enfants, obtenus en bidouillant le code génétique d’un loup, truands adeptes du grand banditisme, décident alors de venger dans le sang la mort de leur mère. Jean-Jean va-t-il échapper au carnage ? Cela va-t-il impacter les bénéfices annuels du supermarché ?

Terriblement noir et cynique, ce roman dénonce les dérives de notre société de consommation et de la privatisation à outrance. Son univers est parfois assez loufoque et il est très difficile de s’identifier à ses personnages génétiquement modifiés qui versent souvent dans la caricature. Après une mise en route assez douloureuse, on se laisse finalement happer par cette histoire. Le langage de Thomas Gunzig est parfois cru et le point de vue trop masculin à mon goût mais j’ai tout de même réussi à l’apprécier.

J’ai entendu l’auteur dire qu’il s’était beaucoup documenté pour écrire cet ouvrage et cela se ressent ! Tous les mots-clés que doit connaître un gourou du marketing s’y retrouvent ! Le narrateur pense littéralement comme un product manager obsédé par la chasse aux parts de marché. De plus, j’ai été particulièrement stupéfiée par la prolifération des marques à travers les pages : toutes celles qui comptent aujourd’hui apparaissent à un moment ou un autre (Apple, HP, MacDonald’s, Ikea, Nike, Samsung, …). A tel point qu’on pourrait se sentir noyé par leur abondance (si Thomas Gunzig a voulu faire du placement de produits, ça doit lui rapporter gros 😉 !). Pourtant, les marques semblent être les points d’ancrage des personnages qui ne peuvent plus penser à un objet autrement que par sa marque ou son modèle. Cela ajoute encore un peu plus de froideur à ce monde triste et gris où les valeurs humaines semblent doucement disparaître.

Soyons honnête, au début de ma lecture, je n’aimais pas ce livre ! Puis, peu à peu, j’ai appris à apprécier l’écriture de l’auteur, à savourer ses bons mots, son humour et ses clins d’œil pour finalement m’attacher à ses personnages, tellement peu habitués à réfléchir par eux-mêmes et à ressentir qu’ils ont l’air si étonnés quand cela leur tombe dessus.

Donc, si vous souhaitez lire quelque chose qui sort un peu de l’ordinaire (et qui fait quand même un peu peur, cf. le dernier chapitre), je vous conseille ce roman ! Autant vous prévenir, il est loin d’être joyeux donc évitez-le si vous êtes déjà au bord de la déprime… Et puis, dernier argument, l’auteur est Belge [et il paraît que le Belge est à la mode en ce moment] donc avec ce livre, vous serez au top de la tendance ! 😉

Merci à Babelio pour cette jolie découverte de la rentrée littéraire !

Ma note :

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