Les Âmes grises de Philippe Claudel

Vous l’aurez peut-être remarqué, j’avais disparu de la blogosphère depuis un peu plus d’un mois. En cause, une grosse fatigue due à ma charge de travail (hé oui, les inscriptions des nouveaux petits étudiants dans le supérieur, c’est épuisant !) et un départ à la campagne pour souffler un peu, profiter du soleil enfin présent en Belgique et surtout, se déconnecter des vilains appareils informatiques qui me pompaient le peu de temps libre dont je disposais.

Pour fêter mon retour, je vais vous parler d’un roman bien connu de Philippe Claudel, Les Âmes grises. Cela faisait longtemps que je voulais me plonger dedans et je pensais donc qu’il accompagnerait merveilleusement bien mes derniers trajets en métro avant les vacances. Ce ne fut pas forcément le cas.

Couverture Les âmes grises

Pour ceux qui ne l’auraient pas lu, on découvre un petit village français, situé non loin du front, pendant la Première Guerre mondiale dans lequel a lieu une macabre découverte : le corps sans vie de Belle de jour, 10 ans, bien connue dans le village et adorée par tout le monde pour l’aide qu’elle apportait au restaurant familial. C’est une époque difficile pour de nombreux habitants, même si la plupart sont dispensés d’aller au front parce qu’ils sont réquisitionnés pour travailler à l’usine, la mort est partout présente à travers les innombrables blessés qui sont amenés par convois entiers jusqu’à l’hôpital de la ville voisine. La mort de Belle de jour ne fait donc qu’augmenter l’impression de pourriture qui semble envahir leur monde. Le seul rayon de soleil dans cette horreur apparaît sous la forme d’une jeune fille d’une vingtaine d’années venue s’installer au village pour reprendre la place laissée vacante par l’ancien instituteur, devenu fou. Malheureusement, l’éclaircie est de courte durée : quelques semaines plus tard, l’institutrice est retrouvée morte, elle aussi.

Un homme semble avoir un rôle à jouer dans ces deux décès : le Procureur. Cependant, le narrateur, chargé de l’enquête, n’aura pas le temps de déterminer si ses suspicions sont exactes. Il est lui même touché de plein fouet par un autre drame. Il abandonne donc son poste pour faire face à son propre chagrin et n’apprend le déroulement de l’affaire que bien plus tard. Alors, lorsque la plupart des protagonistes ont quitté ce monde, il s’attable pour écrire tout ce qu’il a appris sur ces différents événements. On comprend que l’homme est rongé par les remords et marqué à jamais par cette horrible époque. L’heure est venue pour lui d’expier ses fautes.

J’ai éprouvé pas mal de difficultés à entrer dans ce roman. Je pense que cela est dû au fait qu’on apprend assez tard l’identité du narrateur, ce qui complique la compréhension de son rôle initial dans les événements qu’il relate. De plus, l’ordre dans lequel il témoigne de ces faits n’est pas toujours chronologique, ce qui ne facilite pas non plus la narration. Je ne suis pas partisane du mystère qui entoure le narrateur : pour m’imprégner d’un roman, surtout lorsqu’il est écrit à la première personne du singulier, j’ai besoin d’avoir une image du narrateur à laquelle me référer. Elle ne doit pas être nécessairement hyper détaillée mais elle doit me permettre de déterminer s’il s’agit d’un homme ou d’une femme, de son âge approximatif et surtout de sa situation par rapport aux événements. Ce n’était pas du tout le cas ici même si certaines choses se devinent au fil des pages.

L’histoire en tant que telle ne m’a pas non plus terriblement touchée : tout est trop sombre, sans que les liens ne semblent se tisser entre les différentes horreurs qu’on nous apprend. On dirait simplement que le narrateur a choisi de raconter tous les malheurs qu’il a connus à une certaine époque. Evidemment, sur la fin, on comprend quelle incidence certains ont eu sur sa vie mais cela n’efface pas l’impression de fouillis du début. Quel était le but de l’auteur en écrivant ce roman ? Difficile de le déterminer : la seule chose que j’en retiens, c’est que même en période hostile, la vie quotidienne peut toujours amener son lot de drames. Mais je n’avais pas eu besoin de ce roman pour m’en rendre compte.

Au final, j’ai été déçue par ce livre dont j’avais entendu et lu beaucoup de bien. Je suis sans doute passée à côté de quelque chose. Peut-être n’était-ce finalement pas le meilleur moyen de clôturer cette année académique et de commencer les vacances !

Ma note :

love3

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8 réflexions sur “Les Âmes grises de Philippe Claudel

  1. Bon retour ! je l’ai aussi dans ma PAL car on m’avait dit que c’était un livre magnifique, ton avis me motive à me faire ma propre opinion dessus ^^
    Profites bien de tes vacances =)

    • Merci ! 🙂
      Cela reste évidemment l’écriture de Claudel donc la forme est jolie ! 🙂
      Dommage pour le fond, mais qui sait, peut-être qu’il te plaira !

      Bonnes vacances également si tu en as !

  2. Bon retour, moi je pars dans quelques jours !! J’avais beaucoup aimé ce livre mais c’est vrai qu’il est très sombre et vraiment pas gai, c’est plutôt une lecture d’hiver, c’est vrai que l’été on a davantage envie de légèreté. J’ai lu dernièrement La petite fille de Mr Lynh du même auteur et là c’est totalement autre chose, un roman lumineux et plein d’espoir, vraiment très beau !

    • Merci ! 🙂
      Déjà, bonnes vacances ! 🙂
      Oui, sans doute qu’il vaut mieux le lire quand les températures refroidisse, ça colle mieux à l’ambiance, déjà ! La Petite fille de Monsieur Linh est plus frais et très beau mais quand même aussi un peu triste, au final. Enfin, les livres de Claudel ne sont jamais hyper joyeux !

  3. Mon avis est très différent du tien, mais je comprends ce que tu as ressenti. C’est tellement triste que j’ai dû prendre mon temps pour le lire, histoire de ne pas sombrer dans la mélancolie… Mais j’ai trouvé ça tellement beau et tellement touchant !

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