Valentine et compagnie

J’ai découvert récemment la saga de Vanyda autour de Valentine, une adolescente réservée qu’on suit de sa dernière année de collège jusqu’au Bac de français. Les trois tomes de cette série s’intitulent : Celle que je ne suis pas, Celle que je voudrais être et Celle que je suis.

                       

On y voit l’évolution de Valentine, au sein de son groupe d’amis. L’histoire est relativement classique et fortement axée sur un public adolescent : Valentine est timide et peu sûre d’elle, toujours fourrée avec ses 3 amies (Émilie, Julie et Yamina), elle est secrètement amoureuse de Félix mais ne lui a jamais adressé la parole, … Chaque personnage appartient à un profil d’adolescent type : Émilie est la redoublante, un peu vantarde qui « a déjà tout vécu », Julie est la suiveuse, influençable, qui veut se faire passer pour plus grande qu’elle ne l’est, on a aussi les « ennemies jurées » qui sont de véritables pimbêches, etc.

Les aventures rencontrées n’ont rien d’original non plus : les premières rébellions d’ado, les premiers amours, les fêtes un peu trop arrosées, l’ennui des grandes vacances, … Néanmoins, je me suis laissée happée par l’histoire (bon, j’avoue, je suis assez bon public pour les mièvreries ado, j’adore les séries US du type Gossip Girl, Pretty Little Liars, etc.) et j’ai dévoré les trois tomes.

Au niveau du dessin, tout est en noir et blanc. Les traits sont fins et me font légèrement penser aux dessins de Manga (légèrement hein, et encore, européanisé). Les expressions et les émotions sont clairement dessinées. Je regrette cependant que la BD ne soit pas en couleurs (comme les couvertures), ça aurait donné un caractère encore plus girly à l’ensemble.

Donc si vous êtes encore très ado-fille dans votre tête, cette bande dessinée devrait vous plaire mais ne vous attendez pas à quelque chose de transcendant ! C’est un bon moment de lecture, sans plus, qui n’apporte rien d’autre qu’un peu de divertissement.

Ma note : 

 

Edit du 11 février : en furetant dans le rayon BD de ma librairie, j’ai vu que la série est actuellement republiée sous le titre Valentine en 6 volumes BD couleurs. Comme quoi, il suffisait de demander ! 😉

Beignets de tomates vertes de Fannie Flagg

Toujours grâce aux challenges de Livraddict, j’ai découvert Beignets de tomates vertes de Fannie Flagg. Je ne connaissais absolument pas cette auteure, ni le thème du roman, ce fut donc une surprise complète !

 

Les beignets de tomates vertes de Fannie Flagg

Ninnie Threadgood, 87 ans, vit désormais dans une maison de retraite. Un jour, elle fait la connaissance d’Evelyn Couch, une femme d’une cinquantaine d’années, effacée et complexée, qui vient rendre visite à sa belle-mère un brin tyrannique. Les deux femmes deviennent rapidement amies. Ninnie aime raconter son passé à Evelyn, qui s’en inspire pour reprendre doucement le contrôle de son existence.

La structure de ce roman est plutôt complexe (du moins, elle n’est pas linéaire) : souvent, nous apprenons un évènement par le récit qu’en fait Ninnie, d’après son point de vue. Vient ensuite, dans les chapitres suivants, le récit plus détaillé de ce même évènement, relaté par un narrateur omniscient. Ce récit est régulièrement complété par des extraits de différentes « gazettes » qui décrivent l’évènement même ou un fait qui s’y rapporte. Pour chaque « source d’information », l’auteure utilise un ton particulier, propre au personnage qui en est l’auteur. On passe donc sans cesse par des flash-back,  on voyage à travers toutes les époques (pas nécessairement dans un ordre chronologique), au gré des souvenirs de Ninnie. Par moment, on découvre une partie d’un évènement puis la suite ou le point de départ est expliqué à un tout autre moment (je pense, par exemple, à la disparition de Frank). Malgré cette complexité, il est facile de suivre le récit qui se déroule de manière assez fluide.

C’est une histoire touchante que celle d’Idgie Threadgood : cadette d’une famille de sept enfants, Idgie est un véritable garçon manqué, au grand dam de sa soeur aînée qui rêve de la voir porter des robes. Très jeune, elle perd son plus grand frère, dont elle était la « chouchou » et qu’elle suivait comme son ombre. Vient ensuite sa découverte de l’amour lors de sa rencontre avec Ruth et de sa lutte pour pouvoir vivre heureuse. Très généreuse, elle ouvre un café qui devient rapidement le point de ralliement de toute la petite ville de Whistle Stop, Alabama, et où se croisent la bonne société comme les vagabonds de passage. C’est essentiellement la vie au café que nous raconte Ninnie.

Ce roman aborde également la question de la relation blancs/noirs dans cette Amérique des années 30 à 60. Idgie, ayant grandi entourée de personnel de couleur, à quelques centaines de mètres du quartier noir, ne fait aucune différence de traitement entre les blancs et les noirs. Cela lui vaudra plusieurs fois des menaces de la part du KKK. Dans ce roman , même si certaines discriminations sont mises en avant, nous n’avons à aucun moment le point de vue direct des gens de couleur, contrairement à ce que l’on pouvait trouver dans La Couleur des sentiments. Je dirais que la critique de ce comportement raciste est plus subtile : elle se retrouve dans l’ironie de certaines situations, dans les commentaires de certains personnages, etc. J’avoue avoir toujours du mal à réaliser que cela a pu exister, de cette manière, il n’y a pas si longtemps. J’aime, d’ailleurs, les oeuvres qui permettent de renouveler régulièrement cette prise de conscience, pour ne pas oublier à quel point, souvent, les hommes peuvent être stupides.

Par contre, je trouve que l’auteure est restée très ambiguë sur la relation qui lie Idgie et Ruth. Lors de leurs premières semaines ensemble, on sait qu’Idgie a eu un coup de foudre mais ensuite, leur relation n’est pas vraiment claire. Si effectivement, elles vivent en couple, la société de Whistle Stop a l’air fort ouverte face à cette famille atypique (les deux jeunes femmes vivent avec l’enfant que Ruth a conçu lors de son mariage). N’oublions pas que le récit se situe dans l’Amérique des années 30 : je ne pense pas que puritains comme ils étaient (et le sont toujours, pour certains), ils auraient accepté une telle relation aussi facilement.

J’ai beaucoup aimé cette saga familiale dans laquelle s’entremêlent l’humour et les drames. Chaque personnage (et ils sont nombreux) possède sa propre personnalité même si, parfois, certains tombent un peu dans le cliché (le mari qu’on veut quitter et qui, justement, a tous les défauts qui font que la rupture est largement justifiée, la servante dévouée qui donnerait sa vie pour sa « petite maîtresse », …). Je regrette également que certains passages débordent un peu trop de « bons sentiments » mais dans l’ensemble, c’est un bon livre ! Et comme Evelyn, j’avais hâte de retrouver Ninnie pour découvrir la suite des aventures d’Idgie !

 

Ma note : 

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Raison et sentiments de Jane Austen

Mieux vaut tard que jamais, grâce au Challenge Classique, j’ai lu mon premier Jane Austen : Raison et sentiments.

Ce roman, le 1er rédigé par l’auteure, raconte l’histoire d’Elinor et Marianne, deux sœurs qui, à la mort de leur père, se voient contraintes de quitter leur domicile devenu la propriété de leur frère aîné, né d’un premier mariage. Les jeunes filles quittent alors le Norland avec leur mère et leur jeune sœur pour le Devonshire, où elles vivent dans une maisonnette, gracieusement louée par leur cousin. Elles découvrent alors la vie mondaine et, avec elle, les premiers émois de l’amour.

Jane Austen développe ici deux caractères contradictoires, l’un posé, l’autre spontané devant les déboires provoqués par leurs relations amoureuses. On découvre ainsi les réalités de la société mondaine du XIXe en Angleterre et tous ses travers : les rumeurs, les mariages arrangés, l’importance accordée au pécule plutôt qu’à l’intelligence ou au talent, …

J’ai eu énormément de mal à rentrer dans cette histoire ! L’écriture de Jane Austen n’est pas toujours des plus fluides et les 200 premières pages ne sont pas vraiment palpitantes. De plus, je confondais souvent les personnages suite à l’usage des Miss, Ms, etc. et il me fallait parfois relire la phrase une ou deux fois pour identifier de quelle Dashwood on parlait. Heureusement, une fois les deux soeurs arrivées à Londres, les événements commencent à s’accélérer et la lecture devient plus intéressante ! Je dois avouer que Jane Austen distille son cynisme mais avec beaucoup de subtilité : tout est dans le ton qu’elle emploie.

J’ai cru comprendre que Raisons et sentiments n’était pas le plus réussi de ses romans. J’attends donc de lire Orgueil et préjugés pour me faire une meilleure idée de son écriture car pour l’instant, je suis assez divisée : la seconde moitié du roman a largement rattrapé le début mais j’ai été assez déçue. Je ne peux pas dire qu’il soit mauvais mais j’avais entendu tellement de bien de Jane Austen que j’avais placé la barre bien plus haut.

Ma note : 

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